9 avril – L’art crise (?)

art-crise02bisAvec :
Yves Michaud, philosophe.

Jean-Olivier Desprès, directeur du département d’art d’après guerre et contemporain  chez Christie’s France.

Aude de Kerros, essayiste et artiste.

Yann Toma, artiste, universitaire et président d’Ouest Lumière.

Depuis septembre, le monde de l’art et de la culture est confronté à une baisse des ventes et des subventions. Le marché a enregistré un arrêt brutal des ventes records aux enchères, imposant aux maisons de vente un remaniement stratégique. Les foires d’art contemporain subissent des annulations en cascade et se déroulent dans un climat préoccupant. Les entreprises mécènes recentrent leurs actions, sonnant le glas de l’ère de l’argent facile et des subventions généreuses et migrent vers d’autres secteurs que la culture. La crise oblige en effet les entreprises à rationaliser leur politique d’aide aux expositions, aux spectacles et à la sauvegarde du patrimoine. En parallèle, un discours s’installe qui vanterait les effets vertueux de la crise. Outre une certaine revanche des collectionneurs avertis sur les spéculateurs, on observe à présent un réajustement des prix des œuvres d’art, qui avaient atteint des sommes astronomiques ces dernières années. Tandis que les œuvres des grandes signatures font toujours recette, on assiste à l’apparition de nouveaux talents et à la valorisation d’autres scènes artistiques.Les effets de la crise opèrent un débordement vers un territoire utopique, celui où l’art et la culture seraient des repères et des valeurs sûres, non dictées par le dogme de la consommation euphorique.Entre scénarios catastrophes relayés par les médias et cri du coeur des acteurs culturels annonçant une nouvelle ère où l’art reprend sa place, nous nous interrogeons sur les effets, à court et longs termes, de la crise sur les secteurs artistiques et culturels, les stratégies adoptées par chacun des acteurs et les perspectives qui se profilent.  De quelle manière la crise va t- elle influencer la création artistique et  notre perception sur le monde culturel ? En quoi la culture serait la réponse à la crise économique alors quelle est aussi soumise à des contingences économiques ?  Pourquoi parler de retour aux sources, aux valeurs fondamentales et du rôle « purificateur » de la crise sur l’art  Quelles solutions alternatives ont les artistes pour rester indépendants face au marché de l’art et à ces fluctuations ?   Peut-on voir la crise comme une opportunité de repenser l’institution muséale et de réfléchir  à de nouveaux modes de fonctionnement et de financement

Rencontre organisée par Violaine Ernotte, Agathe Girard, Julia Marchand, Clémence Vazard, Julia Villaseñor, Aida Salahovic. et Diana  Rodriguez.

2 avril – (r)évolution à la télévision publique

logo finalAvec :

Hervé Chabalier

Président Directeur Général de l’Agence Capa Télévision

Grand reporter dans l’audiovisuel et la presse écrite, en 1989, il créé l’agence de presse et de télévision CAPA (Chabalier Associated Press Agency). Au fil des ans l’agence a acquis une réputation internationale d’excellence et d’exigence en matière de télévision. Membre de la commission pour une nouvelle télévision publique en 2008, il a su partager son expérience de journaliste et de producteur. Aujourd’hui, il fait partie du Conseil de la création artistique animé par Marin Karmitz à la demande de Nicolas Sarkozy.

Bastien Millot

Anciennement Directeur Général de la Communication, de l’Innovation et de la Stratégie à France Télévisions, diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, il a occupé différents postes politiques. De 2005 à 2008, il a été Directeur de la Communication, de l’Innovation et de la Stratégie à France Télévisions. Durant cette période, il a exercé d’autres missions, Président Directeur Général de France Télévisions Services, Fondateur du Club France Télévisions et Directeur Général de Multimedia France Productions. Fin 2008, il fonde Bygmalion, groupe spécialisé dans le conseil et la communication.

Olivier Milot

Journaliste à Télérama

Grand reporter à « Télérama », il a réfléchi et écrit de nombreuses fois sur la réforme de l’audiovisuel public. Son travail et ses réflexions ont été remarquées et entendues durant les débats sur la réforme auprès des plus grands médias. Il a écrit notamment une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy pour l’hebdomadaire, dans laquelle il interroge et pointe les failles de ces changements à venir. Enfant revendiqué de la télévision, il la défend depuis longtemps et a su s’imposer comme personnage « à lire » dans ces périodes de questionnements.

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Ce doux rêve d’une télévision sans publicité, toutes les chaînes de France Télévisions l’ont fait. Une télévision sans publicité, c’est éloigner la société de consommation, revenir aux bases et aux valeurs du service public, dénué de toutes arrières pensées libérales et capitalistes. L’utopie d’un monde audiovisuel avec des programmes de qualité, culturels, divertissants et instructifs. Mais il faut réfléchir dès maintenant aux désillusions à venir…

Un nouveau défi : stimuler la création, avec moins de moyens, plus de concurrence, de nouveaux formats, de nouvelles politiques…

L’annonce surprise de Nicolas Sarkozy, le 8 janvier 2008 sur la suppression de la publicité sur les chaînes de télévision publique a soulevé de nombreux débats au sein du milieu professionnel, des syndicats de France Télévisions, de l’opposition et même de la majorité parlementaire. Après un an de polémiques, la réforme de l’audiovisuel a été définitivement adoptée, le 3 mars dernier, « c’est l’ensemble du paysage audiovisuel qui sera redynamisé », s’en est félicité la ministre de la Culture, Christine Albanel. Une mesure phare : la suppression de la publicité après 20h sur les chaînes publiques est un véritable bouleversement, pour les téléspectateurs mais aussi au sein même de France Télévisions : la réforme prévoit que le groupe devienne une société unique. Les présidents seront choisis et révoqués par le chef de l’Etat après avis conforme du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et accord des commissions parlementaires compétentes. La crainte d’une perte de l’identité des chaînes par le Média Global et la nouvelle organisation de France Télévisions est également présente, tout comme les inquiétudes autour de la question des nouvelles sources de financements. L’audiovisuel public sera financé par une redevance plus élevée mais aussi par une taxe sur les chaînes privées et sur les opérateurs télécoms. Ces mesures soulèvent différentes problématiques alors que nous souhaitons une télévision publique toujours plus libre, indépendante, culturelle, pertinente, créatrice et créative…

Au-delà de ces questionnements, c’est tout l’avenir de la création audiovisuelle qui est interrogé, tant sur le plan des programmes télévisuels que sur celui des investissements extérieurs, tels que le cinéma. En compagnie de nos invités, nous aborderons les enjeux politiques, utopiques, financiers et éthiques posés par la réforme de l’audiovisuel.

Rencontre organisée par Marie-Clémence Bordet, Claire Chesa, Mariette Delevallée et Bérénice Moulin.

26 mars – Topologiquement autre : art et hétérotopie

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Avec :

JEAN-CLAUDE MOINEAU
THEORICIEN DE L’ART, PROFESSEUR  EMERITE DE PHILOSOPHIE ET ESTHETIQUE DE L’UNIVERSITE PARIS VIII ET CONSEILLER DE LA XVème BIENNALE DE PARIS
Jean-Claude Moineau, est également l’auteur de ‘L’Art dans l’indifférence de l’art’ (éditions PPT, 2001), et de ‘Contre l’art global, pour un art sans identité’ (éditions Ere, 2007). Dernièrement il a collaboré avec le magazine Tina où il a publié ‘Retour du futur?’ (n°1, 2008) et avec le magazine Art 21 où il a publié ‘Les Nouveaux zoos humains’ dans le numéro de février/mars (texte intégral en accès libre sur le site d’Art 21).
www.art21.fr

ISABELLE LE NORMAND
COMMISSAIRE D’EXPOSITION
En 2008 Isabelle Le Normand a proposé en collaboration avec Florence Ostende l’exposition Argument de la diagonale au centre d’art et de recherche Bétonsalon, ainsi que la première exposition personnelle d’Estefania Penafiel-Loaiza à la galerie Paul Frèches. Depuis janvier 2008,
elle est responsable des arts visuels à Mains d’Œuvres (Saint-Ouen).
http://www.mainsdoeuvres.org/

PABLO GEORGIEFF  – COLOCO
EXPLORATEURS DE LA DIVERSITE URBAINE
Pablo Georgieff, un des architectes du trio artistique COLOCO est professeur diplôme DPLG à Paris Villemin et CEAA Théories contemporaines de l’architecture, il enseigne actuellement à l’Ecole d’Architecture Paris-La-Villette. Coloco est une équipe symbiotique de deux architectes et un paysagiste. Ils repensent les paysages et les architectures des univers urbains denses. Le collectif est deux fois lauréat du programme « l’envers des villes », en 2001 pour leur projet de recherche sur les ossatures abandonnées comme nouveaux terrains d’urbanisation et en 2002 pour leur travail autour des ‘Jardins aériens’ et ‘jardins spontanés’ des univers urbains denses. Coloco ont participé à de nombreuses expositions et conférences sur les utopies urbaines dont la biennale d’architecture de Venise en 2008. Leur intervention spectaculaire et communautaire d’un défilé de brouettes lors de l’inauguration du 104 est un merveilleux exemple des barrières sociales et disciplinaires que Coloco franchit au profit de rencontres poétiques et incongrues.
http://www.coloco.org/index.php

VERONIQUE PENY – KMK
La compagnie KMK, dont Véronique Pény et Anne Vergneault sont les co-directrices artistiques, met en jeu les arts visuels dans l’espace public. Les jardins, les fleuves et leurs rives sont leurs espaces de prédilection. Pluridisciplinaire, Pratiquant le décalage, le recyclage poétique et le détournement la compagnie KMK développe une approche sensible de l’espace et propose un autre regard sur une réalité quotidienne et un paysage familier. La compagnie KMK est en résidence Depuis novembre 1997, au sein de l’association de compagnies artistiques : « Les Mêmes », dans l’ancienne blanchisserie de l’Hôpital Charles Foix à Ivry-sur-Seine (94) où elle développe des projets in situ en relation avec l’hôpital, son personnel et ses patients.
http://www.cie-kmk.org/

ALERTE! : L’association « Les Mêmes » est menacée d’expulsion sur décision unilatérale des directions de l’hôpital et de l’AP-HP. « Au delà d’un espace de création, de répétition, de production et de stockage, au delà d’un lieu partagé, géré collectivement et exemplaire sur la qualité des échanges, c’est toute une relation au milieu hospitalier, toute une recherche pratique sur la place de la culture à l’hôpital que nous devrons abandonner, pour ainsi dire, du jour au lendemain. » Plus d’informations sur le blog : http://la-blanchisserie-en-danger.over-blog.com

L’hétérotopie est un lieu artistique, «un lieu autre » par rapport aux espaces culturels ordinaires. Il se conçoit comme une localisation physique de l’utopie. Dans le contexte artistique, il est un espace que l’imagination s’approprie et gagne sur le réel ; un espace épargné qui héberge l’imaginaire, un non-lieu réel et immatériel que l’artiste, tel un cartographe reporte sur la réalité.

Qu’est ce l’art sinon une hétérotopie ?

Lieu qui n’en est pas, un lieu illusoire de désillusions mais aussi d’émancipations pour les esprits débordants qui souhaitent s’évader de la prison de la réalité. Les écrivains excellent dans la création d’espaces imaginaires. Lewis Carroll s’engouffra dans le terreau d’un lapin blanc qui menait au pays des merveilles, Jorge Borges s’inventait des labyrinthes métalittéraires. Dans le domaine des arts visuels, « l’interrelation et le déplacement des lignes de séparation entre espace utopique et réalité »  sont plus poussés étant donné qu’ils interviennent souvent physiquement dans le monde et transforment la perspective que nous avons de celui-ci. Ces lieux « autres » non répertoriés par la bulle culturelle habituelle sont aussi des ailleurs, des existences réelles. Ces lieux se transforment en espaces propices à l’élaboration de fictions et autres imaginaires que les artistes, les philosophes, ou autres, transposeront sur la réalité.

Rencontre organisée par : Alice Tucker, Selin Baklaci, Lorena Rivera-Cote, Pierre Vialle et Mathilde Paris.

18 mars – L’ArtFrique, c’est chic

lartfrique-cest-chic-afficheweb2ATTENTION séance avancée au mercredi 18 mars en raison du mouvement social du 19.

Joel Andrianomearisoa
Artiste contemporain malgache, Joël Andrianomearisoa exploite des médiums aussi variés que l’architecture, l’installation, la performance, la photographie et la vidéo. Sa créativité s’exprime dans l’expérimentation des mélanges entre ces différentes disciplines artistiques. Reconnu à travers le monde, il participe également à des productions chorégraphiques ainsi qu’à plusieurs expositions collectives comme Africa Remix.

Wasis Diop
Musicien et compositeur sénégalais, Wasis Diop débute en créant « West African Cosmos », considéré comme le premier groupe de rock africain. Il compose de nombreuses bandes originales pour le cinéma et la télévision, et produit notamment la B.O du film « Hyènes » qui constitue son premier album solo. Le morceau « Dune » sera d’ailleurs samplé par Trackmaster et Dr Dre pour « The Firm-The Album ». Aujourd’hui, Wasis Diop compte plusieurs disques à son actif et assure la tournée de son dernier projet « Judu Bék ». Son parcours et son talent musical font de lui un artiste incontournable de la « World Music ».

Soro Solo
Souleymane Coulibaly, alias Soro Solo, fait partie des journalistes culturels qui ont marqué la Côte d’Ivoire, en dénonçant notamment les dysfonctionnements des pouvoirs publics. Découvreur de talents et membre de l’assemblée générale d’Afrique en Créations, il a également accompagné l’ouverture de l’Europe aux musiques africaines. Entre autres, il a réalisé le premier enregistrement d’Amadou et Maryam et participé au lancement de Tiken Jah Fakoly sur les ondes. Depuis son arrivée en France, il collabore aux magazines de RFI et écrit pour les revues spécialisées « Africultures » et « Rézo ». Enfin, il produit et co-anime l’émission « l’Afrique Enchantée » sur France Inter.

Kamel Dafri
Kamel Dafri est le directeur du festival « Villes des Musiques du Monde ». Dans ce cadre, 18 villes de la Seine-Saint-Denis et Paris s’unissent pour constituer un espace d’échanges et de découvertes autour des musiques du monde. L’objectif est ainsi de valoriser la diversité des cultures, en particulier celles des pays africains. Parallèlement, Kamel Dafri est membre du conseil d’administration de « Zone Franche ». L’association œuvre pour la promotion et la défense des musiques du monde, en particulier par le soutien aux professionnels du réseau, le développement d’échanges internationaux et la libre circulation des artistes.


La production artistique africaine est très riche. La multiplication d’événements culturels (les biennales de Bamako, de Dakar, le festival de Fès, le Masa…) et la reconnaissance de nombreux artistes africains confirment un essor considérable de la création contemporaine.

Pourtant, l’Afrique a encore du mal à s’affirmer sur la scène artistique internationale. Le manque d’infrastructures, de moyens modernes de communication, de véritables politiques culturelles et de relais institutionnels au niveau international constituent des obstacles majeurs au développement local ainsi qu’au rayonnement culturel de ces pays.

De plus, la création africaine subit une forme de domination artistique de la part d’un Occident pourvoyeur de légitimité sur le marché de l’art. Elle est encore souvent enfermée dans des stéréotypes qui la confinent dans des formes primitives.

Malgré ces difficultés, le secteur culturel apparaît comme le lieu de nouveaux enjeux économiques pour les pays africains, en les plaçant notamment dans une position de conquête de marchés. Aussi, l’encouragement à la création et à l’échange, la mise en valeur des biens culturels, la construction d’équipements et l’ouverture au tourisme culturel peuvent placer l’Afrique dans une dynamique de développement.

Enfin, l’art peut constituer le premier pas vers l’ouverture aux pays africains, la découverte et la reconnaissance de leurs cultures. Ainsi, il peut favoriser le dialogue entre les pays mais aussi l’émergence d’un projet politique ambitieux et de nouvelles formes sociales fondés sur la diversité culturelle.

À travers cette conférence, nous aborderons des questions liées à la valorisation de l’art sur ce continent, sa diffusion ainsi que sa contribution économique et sociale. La culture peut-elle être considérée comme un vecteur de développement pour les pays africains ? Les créations peuvent-elles être exportées sans être déformées pour correspondre aux critères occidentaux ? L’art peut-il constituer un premier pas vers une société idéale, basée sur la diversité culturelle ?

Conférence organisée par : Ines Boughzala, Florent Combe, Claire-Estelle Demanze, Miao Fu, Mickaël Morel.

12 mars – Images sous influences

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Avec :

Christian Delporte, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines, où il dirige également le Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines. Ses recherches s’articulent aujourd’hui autour de la communication, des médias et de la politique. Il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages (dernière publication : La France dans les yeux, Une histoire de la communication politique de 1930 à nos jours, Paris, Flammarion, 2007).

http://www.chcsc.uvsq.fr/ficheschercheurs/Delporte/Delporte.html

Wilfrid Estève, photojournaliste, un des premiers membres du collectif l’Œil Public, président de l’association FreeLens depuis 2004, il est également co-directeur de l’agence MYOP. En 2006, il a fondé le studio de création et de production Hans Lucas, spécialisé dans les nouvelles représentations de l’image fixe. Il collabore avec de nombreux journaux (le Monde, Libération, Paris Match, National Geographic…). Son travail photographique est réalisé sur les terrains de l’actualité ou dans les zones de tensions. Il est directeur pédagogique de la filière photo de l’École des Métiers de l’Information, EMI-CFD et enseigne à l’ESJ de Lille et au CFPJ. Actuellement, il travaille à la création du GIE Stella images et du portail web Média-pro.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Wilfrid_Esteve

Guillaume Herbaut, photojournaliste, membre fondateur du collectif l’Œil Public. S’intéressant particulièrement aux lieux chargés de mémoire, révélant les drames invisibles qui s’y sont déroulés, iI a notamment été exposé au festival Transphotographiques de Lille, au festival PhotoEspaña, à la Maison Rouge ainsi qu’au Jeu de Paume. Il a reçu le prix Kodak de la critique en 2001 pour sa série Tchernobylsty et vient d’être récompensé par le World Press Photo pour son travail sur les esclaves domestiques.

http://www.oeilpublic.com/photographe.php?p=4

Michel Philippot, rédacteur en chef de la photographie du Monde 2.

http://www.lemonde.fr/


Dès son invention, la photographie fut perçue comme l’outil idéal de représentation du réel, prenant alors le relais de la peinture dans la quête sans fin de la mimesis. Aujourd’hui, l’omniprésence des images dans notre environnement s’accompagne d’une prétention toujours plus grande à retranscrire le réel tel qu’il est, comme on peut le voir par exemple avec le développement de la “HD”. Pourtant, à l’ère d’Internet et de Photoshop les images n’ont jamais été aussi sophistiquées, qu’elles soient destinées à la publicité, à la mode, à l’art ou à l’information. Alors que nous oscillons entre deux mythes opposés, celui de l’image miroir du monde et celui de l’image modelable à souhait, il paraît nécessaire de s’interroger sur les usages médiatiques de la photographie.

La presse traditionnelle constitue-t-elle encore un débouché pour les reportages photographiques ambitieux et approfondis ? L’esthétisation grandissante de tous les sujets, de la guerre aux vacances des hommes politiques, ne risque-t-elle pas de cantonner les images dans un registre illustratif et anecdotique ?  Par ailleurs, comment préserver l’indépendance des photojournalistes à l’égard d’hommes politiques “stars” soucieux de leur apparence ? Sur quels principes peut-on fonder la sélection des images médiatisées ainsi que leur degré de modification ?

D’autre part, on constate actuellement le développement de nouveaux supports médiatiques : des applications mobiles qui permettent de lire le journal sur son téléphone, aux web documentaires qui concilient écrit, image fixe, image en mouvement et outils interactifs. Quelle est la place de la photographie dans ces formats en émergence ? Dans quelle mesure constituent-ils des opportunités innovantes pour les photojournalistes ?

En compagnie de nos invités, nous aborderons, à travers ces questionnements, les enjeux éthiques posés par le médium photographique dans le domaine de l’information.

Rencontre organisée par Sylvain Diguet, Noémie Matar-Miclot, Clément Omnes et Annabel Rioux.

5 mars – L’art en liberté : utopie de la culture itinérante

affiche-art-itinerantAvec :

François Colombo, CITI – Centre International pour les Théâtres Itinérants :
Pour ceux qui choisissent d’élargir les lieux de représentation artistique : un passeur de mémoires, d’expériences. Une plate-forme d’échanges et de réflexions.
Le CITI a pour buts de “assembler, promouvoir, représenter et soutenir les pratiques de spectacle vivant itinérant sur le plan international, national, régional, communal et vicinal” (extrait des statuts)
www.citinerant.com/

Sylvain Grolleau, Alternative Nomade, directeur artistique et concepteur du Bus :
“Proche du public, des gens, avec eux, Alternative Nomade se concrétise aujourd’hui sous la forme d’une structure de diffusion originale et symbolique : un bus dissimulé sous un chapiteau (ou pouvant être stationné dans une halle/friche). Le concept repose sur la transformation d’un bus en structure de multidiffusion image et son, afin d’immerger le spectateur dans un espace-temps qui ne lui appartient pas.” (extrait de la plaquette de présentation du Bus)
www.lecaranvanserail.com
www.alternativenomade.org

Frédéric Vaësen, artiste :
Vie autonome et nomade, économie et “désencombrement”, présence à l’autre dans un cadre insolite, partage d’expériences visuelles et sensorielles, absence et disparition sont autant de concepts volontiers contradictoires qui fondent la démarche de l’artiste Frédéric Vaësen.
Les projets comme Boite de nuit en 1996 ou NMH (Nouvelle Machine Habitable) sont des propositions de structures artistiques mobiles qui complètent son travail vidéo.
www.klang.fr/frederic-vaesen-work/

Hervé Vallée, membre fondateur du Cirque Électrique :
Le Cirque Électrique a vu le jour sous le nom Fanfare Décadente en 1995 aux Arènes de Nanterre. Après des spectacles itinérants, des résidences, des festivals, le Cirque change de nom en 2001 et joue dans des lieux décalés sous un chapiteau. Il représente un art né d’expériences, de rencontres qui mêle tradition et modernité comme on peut le voir dans les projets à la Cour du Maroc en 2003, à Rennes en 2005 ou la création mobile Terrain-cirque-expérience en 2008.
www.cirque-electrique.com/


La démarche de l’artiste itinérant n’est elle pas celle d’une recherche de liberté ?

En se détachant des limites imposeés par le secteur culturel, en travaillant hors des cadres de la production, la diffusion et de la médiation traditionnelles, hors des murs limitatifs des institutions, l’artiste itinérant peut expérimenter de nouvelles formes de création, et instaurer un autre rapport aux territoires et aux publics. Cela va de pair avec le choix d’un mode de vie. En revendiquant une certaine marginalité, l’artiste itinérant se dégage des contraintes imposées par la société pour inventer ses propres valeurs, et expérimenter une organisation de vie différente, dans une recherche individuelle et collective de construction de soi.

La culture itinérante revêt une diversité de formes, tant par la variété des disciplines, des esthétiques, des démarches artistiques, que dans le moyen même de leur mobilité. Pourtant, on peut parler d’une culture, et nous chercherons à savoir ce qui constitue une certaine unité dans ces propositions variées.

Notre conférence s’articulera autour de la problématique suivante : en quoi la culture itinérante apporte-t-elle une alternative ? Nous nous attacherons à évoquer, au regard du thème de l’utopie, ces thèmes de la libération et de l’alternative proposée, en soulevant les questions de la création artistique, du rapport aux publics, de la diffusion, de l’expérience de vie.

Rencontre organisée par Lise Bénard, Kristel Fauconnet, Paula Marques et Charlotte Rougier.

26 février – Le parti-priX de l’indépendance [2] Le street art

Avec :affiche_lepartiprix-final1

Magda Danysz
Directrice de la galerie Magda Danysz

Jean Faucheur
Président de l’association LE M.U.R

Emmanuel de Brantes
Directeur de la galerie Studio 55

Miss Tic
Artiste

Christophe Genin
Auteur de Miss Tic Femme de l’être
Professeur d’esthétique et d’études culturelles à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Le mouvement Street Art, que l’on a vu naître dans le New York des années 70, embrasse aujourd’hui des disciplines aussi diverses que le graffiti, le pochoir, l’affiche, le sticker, la mosaïque… Si la dimension « In situ » de ces œuvres apparaît comme un de ses fondements, force est de constater qu’un nombre croissant d’artistes exposent en galerie, transposant ainsi leur travail sur la toile. En effet, le glissement du mur vers la toile semble être plus propice à pénétrer les réseaux marchands.

La multiplication des lieux et expositions dédiés au Street Art, offrent au mouvement une plus large visibilité. Son entrée récente sur le marché de l’art lui confère même une certaine légitimité. De plus, il bénéficie depuis quelques années du soutien des institutions. Nous constatons que cette institutionnalisation croissante du Street Art semble bouleverser les codes formels des productions. En effet, n’observons-nous pas une réduction de format, une décontextualisation de la forme, un report du fond subversif sur le discours, dans le seul but de pénétrer l’espace du white cube?

Face à la récente médiatisation du Street Art et sa récupération par le marketing culturel, certaines interrogations voient le jour:

– Observons-nous aujourd’hui une scission du Street Art en deux formes de production: une «in situ» l’autre «mobile»?
– L’institutionnalisation est-elle synonyme d’un appauvrissement de l’engagement politique des productions ?
– Existe-t-il d’autres modes d’expositions du Street Art, que celui du mur et de la galerie ?
– Le Street Art est-il aujourd’hui l’objet d’une récupération mercantile ancré dans la tendance?
– L’institutionnalisation fait-elle perdre son authenticité au graffiti ?
Ou engendre-t-elle une hybridation porteuse de nouveaux propos, d’innovations dans la pratique?

Rencontre organisée par Anne-Lise Maillet, Jérôme Meudic, Marion Mélo et Matthieu Meyer.