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9 avril – L’art crise (?)

art-crise02bisAvec :
Yves Michaud, philosophe.

Jean-Olivier Desprès, directeur du département d’art d’après guerre et contemporain  chez Christie’s France.

Aude de Kerros, essayiste et artiste.

Yann Toma, artiste, universitaire et président d’Ouest Lumière.

Depuis septembre, le monde de l’art et de la culture est confronté à une baisse des ventes et des subventions. Le marché a enregistré un arrêt brutal des ventes records aux enchères, imposant aux maisons de vente un remaniement stratégique. Les foires d’art contemporain subissent des annulations en cascade et se déroulent dans un climat préoccupant. Les entreprises mécènes recentrent leurs actions, sonnant le glas de l’ère de l’argent facile et des subventions généreuses et migrent vers d’autres secteurs que la culture. La crise oblige en effet les entreprises à rationaliser leur politique d’aide aux expositions, aux spectacles et à la sauvegarde du patrimoine. En parallèle, un discours s’installe qui vanterait les effets vertueux de la crise. Outre une certaine revanche des collectionneurs avertis sur les spéculateurs, on observe à présent un réajustement des prix des œuvres d’art, qui avaient atteint des sommes astronomiques ces dernières années. Tandis que les œuvres des grandes signatures font toujours recette, on assiste à l’apparition de nouveaux talents et à la valorisation d’autres scènes artistiques.Les effets de la crise opèrent un débordement vers un territoire utopique, celui où l’art et la culture seraient des repères et des valeurs sûres, non dictées par le dogme de la consommation euphorique.Entre scénarios catastrophes relayés par les médias et cri du coeur des acteurs culturels annonçant une nouvelle ère où l’art reprend sa place, nous nous interrogeons sur les effets, à court et longs termes, de la crise sur les secteurs artistiques et culturels, les stratégies adoptées par chacun des acteurs et les perspectives qui se profilent.  De quelle manière la crise va t- elle influencer la création artistique et  notre perception sur le monde culturel ? En quoi la culture serait la réponse à la crise économique alors quelle est aussi soumise à des contingences économiques ?  Pourquoi parler de retour aux sources, aux valeurs fondamentales et du rôle « purificateur » de la crise sur l’art  Quelles solutions alternatives ont les artistes pour rester indépendants face au marché de l’art et à ces fluctuations ?   Peut-on voir la crise comme une opportunité de repenser l’institution muséale et de réfléchir  à de nouveaux modes de fonctionnement et de financement

Rencontre organisée par Violaine Ernotte, Agathe Girard, Julia Marchand, Clémence Vazard, Julia Villaseñor, Aida Salahovic. et Diana  Rodriguez.

18 mars – L’ArtFrique, c’est chic

lartfrique-cest-chic-afficheweb2ATTENTION séance avancée au mercredi 18 mars en raison du mouvement social du 19.

Joel Andrianomearisoa
Artiste contemporain malgache, Joël Andrianomearisoa exploite des médiums aussi variés que l’architecture, l’installation, la performance, la photographie et la vidéo. Sa créativité s’exprime dans l’expérimentation des mélanges entre ces différentes disciplines artistiques. Reconnu à travers le monde, il participe également à des productions chorégraphiques ainsi qu’à plusieurs expositions collectives comme Africa Remix.

Wasis Diop
Musicien et compositeur sénégalais, Wasis Diop débute en créant « West African Cosmos », considéré comme le premier groupe de rock africain. Il compose de nombreuses bandes originales pour le cinéma et la télévision, et produit notamment la B.O du film « Hyènes » qui constitue son premier album solo. Le morceau « Dune » sera d’ailleurs samplé par Trackmaster et Dr Dre pour « The Firm-The Album ». Aujourd’hui, Wasis Diop compte plusieurs disques à son actif et assure la tournée de son dernier projet « Judu Bék ». Son parcours et son talent musical font de lui un artiste incontournable de la « World Music ».

Soro Solo
Souleymane Coulibaly, alias Soro Solo, fait partie des journalistes culturels qui ont marqué la Côte d’Ivoire, en dénonçant notamment les dysfonctionnements des pouvoirs publics. Découvreur de talents et membre de l’assemblée générale d’Afrique en Créations, il a également accompagné l’ouverture de l’Europe aux musiques africaines. Entre autres, il a réalisé le premier enregistrement d’Amadou et Maryam et participé au lancement de Tiken Jah Fakoly sur les ondes. Depuis son arrivée en France, il collabore aux magazines de RFI et écrit pour les revues spécialisées « Africultures » et « Rézo ». Enfin, il produit et co-anime l’émission « l’Afrique Enchantée » sur France Inter.

Kamel Dafri
Kamel Dafri est le directeur du festival « Villes des Musiques du Monde ». Dans ce cadre, 18 villes de la Seine-Saint-Denis et Paris s’unissent pour constituer un espace d’échanges et de découvertes autour des musiques du monde. L’objectif est ainsi de valoriser la diversité des cultures, en particulier celles des pays africains. Parallèlement, Kamel Dafri est membre du conseil d’administration de « Zone Franche ». L’association œuvre pour la promotion et la défense des musiques du monde, en particulier par le soutien aux professionnels du réseau, le développement d’échanges internationaux et la libre circulation des artistes.


La production artistique africaine est très riche. La multiplication d’événements culturels (les biennales de Bamako, de Dakar, le festival de Fès, le Masa…) et la reconnaissance de nombreux artistes africains confirment un essor considérable de la création contemporaine.

Pourtant, l’Afrique a encore du mal à s’affirmer sur la scène artistique internationale. Le manque d’infrastructures, de moyens modernes de communication, de véritables politiques culturelles et de relais institutionnels au niveau international constituent des obstacles majeurs au développement local ainsi qu’au rayonnement culturel de ces pays.

De plus, la création africaine subit une forme de domination artistique de la part d’un Occident pourvoyeur de légitimité sur le marché de l’art. Elle est encore souvent enfermée dans des stéréotypes qui la confinent dans des formes primitives.

Malgré ces difficultés, le secteur culturel apparaît comme le lieu de nouveaux enjeux économiques pour les pays africains, en les plaçant notamment dans une position de conquête de marchés. Aussi, l’encouragement à la création et à l’échange, la mise en valeur des biens culturels, la construction d’équipements et l’ouverture au tourisme culturel peuvent placer l’Afrique dans une dynamique de développement.

Enfin, l’art peut constituer le premier pas vers l’ouverture aux pays africains, la découverte et la reconnaissance de leurs cultures. Ainsi, il peut favoriser le dialogue entre les pays mais aussi l’émergence d’un projet politique ambitieux et de nouvelles formes sociales fondés sur la diversité culturelle.

À travers cette conférence, nous aborderons des questions liées à la valorisation de l’art sur ce continent, sa diffusion ainsi que sa contribution économique et sociale. La culture peut-elle être considérée comme un vecteur de développement pour les pays africains ? Les créations peuvent-elles être exportées sans être déformées pour correspondre aux critères occidentaux ? L’art peut-il constituer un premier pas vers une société idéale, basée sur la diversité culturelle ?

Conférence organisée par : Ines Boughzala, Florent Combe, Claire-Estelle Demanze, Miao Fu, Mickaël Morel.